vendredi 27 mars 2015

Une histoire de coeur


Comment ne pas tomber amoureux de cette vue de Méribel Mottaret ? Prise au lever du jour, elle révèle tout le charme de cette mythique station de ski en Savoie. Vingt cinq ans que je dévale ses pistes et pas une once de lassitude. Chez nous, c'est une vraie tradition familiale. J'y ai suivi mes premiers cours de ski, essuyé de bons gadins, vécu des amourettes, décroché des étoiles... Naturellement, elle a une place privilégié dans mon coeur de rhône-alpine d'adoption. Mais plus que ce lien affectif, voici l'histoire de cette station qui a pour un symbole... Un coeur !



L'origine du mot "Allues" remonte à un privilège donné aux habitants de la vallée par l'archevêque de Tarentaise dès 989. Il leurs accorda alors le droit de posséder leurs terres sans payer d'impôt. "Les francs d'alleurs" (mot qui signifie en vieux français : exonéré d'impôt) se transforma vite en "allues." Pendant longtemps, les habitants de la vallée vivent en quasi autarcie. La vie pastorale demeure alors leur principale activité.

Des skieurs en 1896

En 1936, on compte 527 habitants dans la vallée des Allues et la terre ne suffit plus à les nourrir. C'est à cette époque que le ski commence son développement. Un premier concours de glisse se déroule la même année devant la mairie des Allues, sous l'impulsion du curée du village, l'abbé Bornand. Quelques années avant la Seconde guerre mondiale, Hitler envahit l'Autriche. Cet évènement va forcer les skieurs anglais à quitter les stations autrichiennes et à venir pratiquer leur sport dans les Alpes françaises.

Une skieuse à Saint Martin de Belleville
C'est ainsi que le major écossais Peter Lindsay tombe sous le charme de la vallée des Allues. En 1938, il pose les premières pierres de la station. Une remontée mécanique est construite à 1900m d'altitude. C'est un télé-traineau de 31 places. Je vous laisse imaginer l'installation... Peter Lindsay a l'avantage d'être apprécié des villageois, ce qui lui permet d'acheter des terrains par l'intermédiaire de sa "société foncière de la vallée des Allues", fondée quelques années auparavant.


Avec les architectes Paul Jacques Grillo et Christian Durupt, il établit un plan d'ensemble qui reçoit l'agrément des autorités locales et départementales. Les futurs bâtisseurs et propriétaires sont dans l'obligation de respecter une charte architecturale définissant un certain type de construction en respect avec les traditions savoyardes. En 1963, la station de Méribel compte prés de 100 chalets et une dizaine de remontées mécaniques, dont la télébenne de la Saulire inaugurée en 1950 qui permet de relier Courchevel.

L'Arpasson
La première télécabine de Tougnète ouvre en 1960, rendant alors possible le tout premier circuit 3 Vallées. En 1970, l'altiport s'ajoute à la station initiale. Devant le succès grandissant de la station, une extension s'avère indispensable ! Le lieu-dit "Mottaret" est un cadre idéal au développement d'une station de ski. En 1972, le projet se réalise. Les constructions sont plus imposantes qu'à Méribel mais respectent l'architecture locale (bois, pierres) tout en offrant des logements 100% skis aux pieds.

Méribel - Mottaret
Pensée, lancée par Peter Lindsay, on comprend également pourquoi Méribel tourne aujourd'hui à l'heure anglaise ! La clientèle de la station est encore à dominance britannique. On ne s'étonne plus de la voir se pâmer au soleil tout en sirotant des pintes dès 16h et de la croiser un peu plus tard dans les nombreux pubs du centre...

Le Roc de Fer
Chic, bourgeoise mais toujours élégante et discrète, à l'opposée de son exubérante voisine Courchevel ou du mastodonde bétonné Val Thorens, Méribel réussit le pari de conserver un charme plus authentique dont la renommée ne faiblit pas. Cette réputation sera couronnée en 1992 par l'accueil de plusieurs épreuves majeures des JO d'Albertville et, cette année, par les finales de la Coupe du monde de ski alpin !

Pour finir sur une touche gourmande, s'il y a bien une spécialité à déguster, c'est Le Coeur de Méribel ! Une spécialité de la Maison Braissand à base de myrtille et de pâte sablée. Un régal...

  

Retrouvez le sommaire : ici

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

A vos mots... Prêt ? Palabrez !