lundi 22 décembre 2014

Vieilles coutumes de Noël

Petit Écho de la Mode - 23 décembre 1951

Un Noël sans chandelle c'est un peu comme un gâteau d'anniversaire sans bougie. Je m'en passerais difficilement. Cela parfait un jolie centre de table, illumine la décoration et confère à l'atmosphère une douce chaleur... Autrefois, elle n'était pas là que pour faire joli. On tenait la chandelle pendant la veillée !
La chandelle (extrait du Petit Écho de la Mode - 23 décembre 1951)

"On la gardait précieusement dans le fond de l'armoire à linge ; elle ne devait brûler que le soir de Noël. La "maîtresse" l'apportait avec précaution, la plaçait dans un beau chandelier de cuivre. Alors, le plus âgé de la famille, l'allumait, se signait, l'éteignait aussitôt et la remettait à celui qui venait après lui en âge ; celui-ci répétait ses gestes et cédait sa place au suivant. Ainsi, de main en main, passait la cire, chaque fois allumée et chaque fois éteinte, des parents aux enfants, jusqu'au dernier-né, fût-il au berceau. Mais cette fois, on ne soufflait pas la chandelle ; serrée et guidée par sa mère, la petite main la posait au milieu de la table ; sa flamme éclairait le repas. Qu'on accomplit ou non ce rite, qui s'est conservé en Auvergne, la chandelle était à l'honneur. De belles bougies historiées remplacent encore en Provence les autres modes d'éclairage tout le temps que dure le gros souper."

Petite, ce que j'aimais le plus, c'était le chocolat autour de la génoise. De petits morceaux se détachaient aussitôt la tranche servie dans l'assiette. Il était alors facile de la savourer petits bouts par bouts. Et il restait toujours un peu de chocolat sur les piques des sujets, plantés dans la bûche. J'adorerais le personnage du Père Noël, avec sa hotte pleine de cadeaux. Et les petits sapins en plastique finissaient dans le décor de mes maisons de poupée. Mais la bûche n'a pas toujours été une tradition gourmande...
La bûche (extrait du Petit Écho de la Mode - 23 décembre 1951)

"Il y avait aussi la bûche, surtout dans les pays du Nord. L'usage semble remonter au temps le plus ancien et se rattacher à la tradition druidique de la fête du feu. Il semble naturel qu'on fête le feu en hiver. On choisissait le plus bel arbre ; on y taillait un fût aussi long que la cheminée était large et le plus gros possible ; les cheminées étaient des monuments. Il devait brûler pour le moins trois jours, d'où le nom de "tréfeu" qui le désignait en Bretagne. Avant le coucher du soleil, on avait éteint tous les feux. Un seul brûlait dans la paroisse, celui de la lampe du tabernacle. On allait en foule à l'église allumer des brandons qu'on promenait à travers champs. Alors on revenait chez soi avec le feu. On mettait d'abord dans la cheminée les restes de la bûche du précédent Noël que l'on avait gardé avec grand soin toute une année et sur ces vieux charbons, on posait la nouvelle souche ; on l'allumait avec le feu nouveau, tandis que toute la famille à genoux disait le Pater."

Cette année, on s'est bien dit "pas de cadeau entre nous." Nouvelle lubie de jeunes mariés ? Non pas vraiment... Plutôt l'idée de profiter d'un prochain voyage pour se faire plaisir. Et pourtant, mon petit doigt me dit que mon cher et tendre a craqué et qu'il y aura quelque chose au pied du sapin à laquelle je ne m'attends pas ! Quelques messes basses ont attisé ma curiosité. Alors je patiente en me demandant d'où peut bien venir cette tradition des cadeaux.
Les cadeaux (extrait du Petit Écho de la Mode - 23 décembre 1951)

"Donnons d'abord l'identité du mot lui-même. Cadeau est emprunté au provençal capdel (chef, tête), du latin capitellum (dérivé de capub tête). On le rencontre au XVIème siècle avec son ancien sens, "lettre capitale." Il se donnait surtout aux lettres capitales (majuscules) ornées, enjolivées. On fut ainsi amené à appeler "cadeaux" diverses choses ne servant qu'à l'ornement, au plaisir. Au XVIIème siècle, ce mot désigne les divertissements offerts à des dames : fêtes, concerts, repas à la campagne (il a ce sens dans la pièce de théâtre, "Le bourgeois gentilhomme"). L'habitude vint d'y joindre un présent, un souvenir, qui devint une partie importante, durable, et finit par accaparer le nom."

Alors à quoi ressemblait une liste de cadeaux en 1951 ? Cliquez sur l'ampoule !
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