jeudi 18 septembre 2014

Le juste prix ?

Ma trouvaille préférée : un téléphone en bakélite noir

La brocante, chez nous, c'est une histoire de famille ! J'ai attrapé le virus à l'âge tendre par ma maman qui ramenait à la maison monts et merveilles. A tel point que notre intérieur avait des airs de petit musée. Si cela plaisait moyen au pater, en revanche cela convenait parfait à mes jeux de princesse !

Pendant longtemps, je fus plutôt la chineuse du dimanche qu'une nana connaisseuse... Souvent je me posais cette question : est-ce que le trésor que j'ai déniché est vendu à son juste prix ? Jusqu'au jour où je me suis dit qu'il était temps de s'intéresser à l'art et la manière de chiner. 

Alors oui, il est toujours possible d'improviser... Mais avec quelques conseils, c'est encore mieux !
Il n'est pas rare d'entendre que le prix est à "la tête du client", que l'offre et la demande font monter les enchères, etc. Sauf que le prix est le plus souvent basé sur la qualité, la rareté, l'ancienneté de l'objet et son état de conservation.

Tout dépend également de l'endroit où vous avez fait votre trouvaille. Salon d'antiquaire, foire, brocante, puces, vide-grenier, association caritative et autre brocantelle ! A chacun sa pratique. Voilà les astuces que je peux vous donner pour chiner sans trop se tromper...


Deux pièces du Marché de la Mode Vintage (2010)

Salons, foires et brocantes

Qu'est-ce qui différencie un antiquaire d'un brocanteur ? Ils se distinguent par l'ancienneté de leur marchandise. Les antiquaires ne vendent que des meubles et objets de plus de 100 ans ou qui ont un intérêt historique à l'instar du mobilier Art déco. 

Mais dans un salon, comme dans une brocante, les prix se discutent. Cependant, il ne s'agit pas non plus de se lancer dans une longue conversation de "marchands de tapis" surtout si l'objet du négoce est une babiole de quelques euros...

D'abord, mieux vaut ne pas dénigrer l'objet de toute votre convoitise, le vendeur connait sa marchandise ! Vous aurez sans doute plus de succès en lui décrivant votre "coup de coeur" à la vue de cet objet qui vous a tapé dans l'oeil. 

Proposer un prix trop bas, c'est aussi risquer de couper court à la conversation, d'autant plus si vous le divisez par deux ! Avec un peu de raison et un grand sourire, il y a de forte chance que chacun baisse ses prétentions, sans trop de casse, et que vous trouviez une entente.

Et pourquoi ne pas négocier un prix de gros ? J'entends par là proposer un prix pour l'acquisition de plusieurs objets en même temps. Ainsi on décroche parfois plus facilement la ristourne ! 

Si tout semble se négocier, n'oubliez pas la livraison à domicile. Elle aussi peut donner matière à discussion. Certains marchands préfèreront vous en faire cadeau plutôt que de baisser leur prix... Dans ce cas, à vous de voir ce qui vous arrange !

Sachez aussi que vous avez des droits, à condition de prendre quelques précautions. Par exemple, il ne faut pas hésiter à exiger une facture sur laquelle doivent figurer l'identité du vendeur et de l'acheteur, la date de la vente, la dénomination et le prix du bien, la date et les modalités de paiements ainsi que les remises éventuelles. 

En cas de pépins après la vente, si l'objet n'apparaît pas conforme à sa description, on peut demander au vendeur qu'il le répare ou qu'il le remplace. A défaut, il devra soit vous le rembourser soit accepter une baisse du prix. Attention à ne pas dépasser le délai de 6 mois, au-delà duquel les défauts sont présumés avoir existé au moment de la vente !

Un poisson pêché aux puces de Saint-Ouen

Puces

Passons maintenant du côté de ces hauts-lieux de flânerie qui sont parfois des villes dans les villes comme les Puces de Paris-Saint-Ouen.

Les prix sont à l'image des lieux, plutôt dans le haut du panier ! Il faut dire qu'ils renferment des merveilles, parfaitement restaurées, qui s'apparentent parfois davantage à des pièces de musée. Mais si on fait fi de l'élitisme ambiant, on peut parfois faire de bonnes découvertes qui ne payent pas de mine à côté de pièces rutilantes et qui, une fois dans notre intérieur, sont de vraies pépites.

Pour ce qui est de vos droits, certains de ces marchands sont des experts dans leur domaine reconnus par une chambre de professionnel ou un tribunal. Ils sont donc à même de vous fournir un certificat d'authenticité, gratuit si l'achat se passe dans leur boutique.  Ce document écrit, souvent accompagné d'une photo, établit l'authenticité de la pièce, la date et la détaille (dimensions, poids, matière, époque, type de montage, présence de restauration...)

Une loupe dénichée dans un grand déballage à Venise

Vide-greniers

Leur côte ne cesse croître. Avec le retour des beaux jours, ils sont nombreux à fleurir sur les places des villages ou dans les quartiers des grandes villes pour le plus grand plaisir des chineurs du dimanche. 

On se pique vite au jeu des échanges avec ces vendeurs d'un jour qui offrent une seconde vie à ces objets qui ont fait partie de leur quotidien. Et surtout, à petit prix. Là aussi les bons marchandages, feront les bonnes ventes !

Jolie porcelaine achetée au Emmaüs de Saint-Egrève (Isère)

Emmaüs

On hésite parfois à franchir ses portes et pourtant ! Il nous rend bien service quand il s'agit de trouver à nos meubles un nouveau lieu d'adoption, alors pourquoi ne pas inverser les rôles ?

Les prix sont attractifs et les objets souvent en bon état. En revanche, ce n'est pas vraiment l'endroit pour le marchandage. Mais rien n'empêche d'essayer...

Les prix sont fixés par les compagnons, fort d'une certaine expérience. Ils connaissent bien la marchandise standard et sa valeur.

Dans chaque centre, plusieurs responsable, qui ont suivi une formation et disposent d'une documentation nationale fournie par Emmaüs France, uniformisent les prix entre les différents magasins. Au besoin, ils peuvent faire appel à des bénévoles qui ont une expertise plus fine sur certaine tendance, voire à un commisaire-priseur si les objets sortent de l'ordinaire.

J'espère que cet article vous aidera pour votre prochaine chasse aux trésors ! D'ailleurs, certains sommeillent peut-être dans le grenier de la maison de famille...

L'objet qui n'a pas de prix : le moulin à café de mes grand-parents !
Source : Antiquités brocante

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